mercredi 17 août 2011

Poésie: Voilà la Chefferie Bandjoun



En partant de Dschang, sur la route de Yaoundé,
Entre  Bafoussam et Bagangté,
A la quête des traditionnelles beautés,
Voilà la Chefferie Bandjoun, ici en pays Bamiléké.
Tout autour des chemins, comme des ruisseaux,
Taillant sinueux leurs chemins, bordés de clôtures en travaux,
Et enfermant des bananiers comme des  soldats en faction
Pour les protéger, mènent à une succession,
Une succession de cases traditionnelles bien alignées,
Soutenues par des colonnades bamilékément sculptées
Qui autour de chaque habitat, portent comme un monde,
Des toits coniques en majorité, ou ceux d’aujourd’hui à la mode.

Les façades sont faites de raphia, nos bambous,
Patiemment liés avec de la fibre aussi de raphia et c’est tout.
Ces façades, par de motifs géométriques ornées,
Qui les portent fièrement en trophée,
Indiquent le sens mathématicien des peuples bamilékés.
Et les portes, encadrées de panneaux sculptés,
Intelligemment surélevées pour que, en furie, les eaux,
Les eaux d'écoulement, comme les animaux,
Ne les franchissent pas, renseignent sur la culture et l’art de la vie.
Cette forme conique, assez épaisse pour ne pas laisser à l’eau de pluie
Le loisir de troubler la paisible vie qu’elle protège avec foi,
Et qui surmonte chaque construction est un fort et lourd toit.

L’ensemble donne une idée de la connaissance de la science,
Et de la technique architecturale qu’a dans la conscience,
Le constructeur ou l’architecte, qui à son art se donne sans peine.
Convaincu par leur civilisation, et voulant protéger ce patrimoine,
Et parce que l'extérieur de la case bamiléké tend à changer,
La volonté de notables Bamilékés est de conserver,
De bien conserver l'ancienne architecture locale.
Puisque le toit de chaume est remplacé par le toit de tôle,
Alors que les rideaux en bambou ne couvrent plus nos façades.

Bien que, le tout semble aller et sans palissades,
Et que l'intérieur traditionnel des cases reste partout en place,
Que le foyer est toujours au centre de la grande pièce;
Trois pierres ordonnant la cendre, encadrant le bois en premier,
Supportant toujours la flamme brulante, et portant les marmites,
Le mobilier est en bambou; telle l'échelle pour aller au grenier
Où, pour tout mettre à l’abri même des termites,
On stocke toujours la réserve de maïs, d'arachides et de bois,
Pour se chauffer et être vraiment bien chez soi.

Aussi, les étagères pour ranger les ustensiles ménagers,
Encore, sont là, avec les lits et les tabourets pour nos vies à ménager.
La chefferie a son musée, y offre à voir les accessoires des monarques,
Anciens chefs, nos chers disparus, mais aussi, nos chers héros historiques.
Le patrimoine familial est là, aussi, avec le bâtiment moderne dans son sillage,
Qui, imposant, sert de salle de fêtes, de salle de réunion, à la vie au village.

Daniel Tongning, ce 2 juillet 2011,
Pour Doryn Foualem qui aime si bien son village.