samedi 21 octobre 2017

Raison d’Etat et Vérité

Dans leur char, et bien haut placés, et malgré ce brumeux couvre-chef
Brouillard  voilant le faîte du mont Cameroun, Les Dieux  tristes,
Regardent ce qui reste du dépeçage colonial organisé de ce pays,
Patiemment réuni par des patriotes de bonne volonté
Mais à présent ruiné par des pouvoirs en divinités organisés
Sorte de gouvernants peu inspirées et aux oreilles bouchées,
A l’orientation critiquable, irritables par toutes réflexion du peuple,
Origine actuel des frustrations et des revendications justifiées,
Et maintenant d’une sérieuse révolte.

Mécontentements exprimés et  jamais pris en considération ;
Frustrations auxquelles s’oppose le mépris de ces  devins ;
Révolte des opprimés accusés de traitrise
Par des seigneurs aux pouvoirs illimités
Et à la domination sans limite sur des vies
Qui leurs fait perdre la réalité et les éloigne de la justice.

La raison d’état, insuffisante pour le bonheur du peuple,
N’est pas opérante lorsqu’il n’y a pas de justice.
L’injustice éloigne du réel, et la défiance est l’autodéfense
Du peuple trompé et martyrisé.
La vérité qui n’épargne aucun domaine
Apprend que qui veut servir le peuple, doit en premier s’accorder
Avec  la réalité, la justice,  et  avec la vérité,
Et sous son autorité, et en son nom, agir pour le bien du peuple.

Daniel TONGNING, 21 octobre 2017.


dimanche 15 octobre 2017

Raison et vérité

Vous dirigez et obéissez à la raison de la gestion.
Votre action, à cause de la raison attriste votre monde,
Et le mal vivre  ruine les actes et les comportements,
Et conduit à l’exaspération et bientôt à la révolte.

Vous dirigez et votre action, obéissant à la vérité
Vous conduit à agir par contradiction,
Et cela trouble le monde qui œuvre avec vous,
Mais réjouit les âmes en quête de la vérité dans l’action.

Le monde à ce moment difficile vous observe,
Voit en  vous l’homme des contradictions.
Ne vous inquiétez pas si par la vérité vous avancez
Et faites le bonheur des gens qui sont par la raison dans la servitude.

La raison n’est que le chemin de la justification des actes,
Le jugement est du domaine de la recherche de la vérité.
Lorsque la raison s’écarte de la vérité, et fait des malheureux.
Soyez prompt, en toute chose et situation, à la recherche de  la vérité.

Car pour le dirigeant, la raison, aussi démonstrative soit-elle,
Ne peut rendre raison de tout, et le vrai ne sera jamais le réel.
La réalité, amie de la vérité, étant indépendante du dirigeant,
Sait que celle-ci est de l’ordre du discours, 
Qu’elle n’est ni fait ni un donné,
Et  que de sa hauteur inatteignable, 
Pour le Dirigeant, elle reste la perfection vers laquelle tendre.



Daniel TONGNING (Octobre 201)


dimanche 17 septembre 2017

Le pays des Tchokos

Pays des lions, pays des gens forts en tout,
Surtout, pays où le tchoko est une mœurs ;
Le fonctionnaire, payé pour servir le pays,
Exige le tchoko pour servir le citoyen
Et s’arrange pour que l’Etat lui paye aussi le tchoko
Au moyen des doubles voire de plusieurs salaires.
Le commerçant ; même lui exige pour vendre, le tchoko.
Cela se passe Afrique, et au pays des lions,  
En tout indomptables, et surtout en Tchoko,
Cette pratique qui veut qu’on paye pour être servi ;
Pour rentrer dans ses droits , même pour vivre.

Le pays des indomptables tchokeurs ;
Le pays où, ne pas tchoker est incompréhensible :
Tu veux respirer ?
Il faut tchoker ;
A l’hôpital, pour être pris en charge,
Il faut donner le tchoko.
Tu entre dans un bar,
Il faut tchoker pour être servi.
Tu entre dans une boutique,
Il faut Tchoker pour acheter une marchandise.

Tu es justiciable et réclame la justice
Tchokes donc pour être entendu.
Tu as tchoké ; tu es entendu ;
Tu veux que de ton côté penche le plateau de la justice,
Donne le tchoko.
Tu veux faire une pièce d’identité,
Tchokes pour que ton dossier soit traité ;
Tu veux créer une entreprise ?
Pour la réussir il faut tchoker.

Tu as de l’argent à la banque,
Pour rentrer en possession  de ton épargne,
Il faut donner le tchoko.
Ne laisse pas ton épargne à la banque,
Tes orphelins ne la toucheront jamais,
Et pour le meilleur des cas il leur faudra laisser la moitié
En tchoko pour rentrer en possession du reste.
Pour toucher sa retraite, le récipiendaire fait des démarches,
Il doit tchoker  s’il veut compter parmi les  heureux.
Le petit fonctionnaire, pour percevoir son traitement,
Doit tchoker.

Tu veux parler à un chef ?
Ii faut tcoker.
Tu n’as pas réussi ta démarche ; as-tu tchoker ?
Celui qui ne réussit pas au pays des indomptables,
C’est celui qui n’a pas tchoké, dit la légende.
Le pays des lions, indomptables en tout, est mal parti ;
Penchez-vous sur son chevet, bonnes gens,
Gens de la bonne honnêteté dépêchez-vous,
Soyez prompts et hardis et n’acceptez pas le tchoko ;
Ne soyez ni tchokeurs ni tchokés.

Daniel Tongning

17 septembre 2017

mardi 12 septembre 2017

Une vie pour une preuve d’amour

Lorsque je dis que je suis amoureux,
On se moque de moi ;
Lorsque je dis que j’ai de l’amour pour quelqu’un,
On se moque aussi.
Les gens perplexes haussent les épaules,
Les incrédules écarquillent moqueurs les yeux ;
Les chambreurs ricanent et grimacent ;
Les curieux me posent des questions,
Vérifient ce que  je  fabule
Et sourient quand cela les amuse.
Celui qui  me croit me chuchote des mots
Comme s’il voulait protéger mon bonheur et dit :
Es-tu vraiment amoureux ?
Aimes-tu vraiment cette personne ?

Lorsque je déclare être amoureux,
On doute et me demande de quoi ou de qui
Lorsque je dis que j’ai de l’amour pour mon prochain,
On doute et me demande pour quelle raison,
Pourquoi pas une autre personne et qu’a-t-elle d’exceptionnel !
Si  j’ajoute que je suis heureux,
Rien ne lèvera le doute.
Il me sera demandé pourquoi ;
Comment cela se fait-il,
Comment en suis-je arrivé là.
Voies-tu, être amoureux dérange
Avoir de l’amour pour l’autre est soupçonneux
Et être heureux soulève des suspicions.

Les amoureux, pauvres gens,
Ont du pain sur la planche.
Ils doivent tout prouver ; tout justifier :
Voilà ce pauvre personnage à qui la famille,
Peu généreuse cependant à son égard,
Exigeait pour lui être aimable, la preuve de son amour.
Il dût  ouvrir sa poitrine pour que l’on vît son cœur,
L’antre de l’amour qu’il porte depuis toujours à celle-ci.
Dès que le sang coula, les entrailles exposées,
Les mains d’étonnements, frappèrent les poitrines ;
Certifièrent qu’il aimait vraiment sa famille.

Le sanglant sacrifice était fait ;.
La preuve était faite.
Il aimait vraiment la famille ;
Une vie pour une preuve d’amour,
Un sacrifice, une preuve irréfutable,
Donnée aux incrédules.

Si et seulement il avait été cru !!
On veut tout voir, tout prouver.
Si la parole avait encore un sens et son pesant d’or,
Si on acceptait que matériellement,
Tout ne peut être prouvé ;
Que l’esprit emporte pour certaines situations,
Qu’il faut juste croire à ce que l’un est et a pour son prochain.

Daniel Tongning

12 septembre 2017

lundi 11 septembre 2017

Parce que l’amour est un grand trésor

Entrer dans l’amour est magnifique ;
Entrer dans l’amour est extraordinaire ;
L’insouciance alors transporte ;
La raison semble vaincue
Et le mot bonheur est ce que sait dire la bouche
Au grand dam du raisonnable discours
Des temps de grands rêves
Qu’on passe en espérant à un avenir radieux.

On ne pense pas, pendant ce temps-là, au magnifique,
Encore moins à l’extraordinaire, ce mystère de la vie
Qui surprend quand la providence a choisi sa victime.
Ô heureuse victime de l’amour ;
 Âme au plus profond de l’amour introduite ;
Qu’avais-tu à te plaindre alors que tes souhaits,
Aux oreilles de la Providence avaient pris places,
Et que ta sincérité avait convaincu l’honorable Esprit
Que l’amour ne suffira pas mais fera ton bonheur ?
Tu aimeras, mais n’oublieras pas la pitance ;
Tu aimeras mais travailleras et chemin faisant,
Tu tendras la main et le comportement livré,
Dira à la cité la personne du bien que tu seras.

Mais l’amour expose aussi ;
Il  est source de bonheur,
Mais il est aussi celle des jalousies.
Le tien, tu en prendras soin ;
Tu le protégeras
Parce que  l’amour est un grand trésor,
Un parfait bien qui mérite une jalouse protection.

Daniel TONGNING

11 septembre 2017

samedi 27 août 2016

Les Seychelles cet « Ailleurs rêvé »

J’ai rêvé d’ailleurs avec plein d’espérance
Et traversais pour cela le cap de bonne espérance.
J’ai rêvé d’ailleurs et ce fut à Dakar
Et dans mon rêve j’arrivais à Madagascar
Pour m’approcher d’un but
Qu’ardemment atteindre, en vrai, je voulais.

Mon Dieu que voyager est bon ;
Qu’être ailleurs est en la vie le talon
D’un projet bien mené
Qu’on atteint comme la pierre venu d’un jet
D’une terre où heureux on a bien vécu
Et à présent rêve d’un autre ailleurs.

Maintenant j’arrivais à Victoria
Je commençais à humer son air
Quand Tamataka, Cascade et à Anse Royale
Unirent leurs voix pour dire l’éloge,
L’éloge de Grand’Anse et de Praslin Island.
Mon Dieu comme merveilleux est l’ailleurs,
Merveilleux comme Félicité et Mariane,
 Iles de l’Est qui gardent en La Digue
Leur sœur de l’Ouest  leur estime tout en bonté.

Mahe Island et Cerf Island ont pour voisine
La merveilleuse Sainte Anne Island
Cousin et Cousine Island en rang serré,
Et très amoureuses, regardent vers Praslin Island,
Et le trio d’amoureux peut s’associer à Curieuse Island
Pour montrer le merveilleux que Silhouette,
L’autre île voisine, précieusement garde
Du fond du Beau Vallon Bay,
Un autre ailleurs Seychellois,
Saisi dans un grand ensemble que forme la famille d’îles,
Cet « Ailleurs rêvé » que sont Les Seychelles.

Daniel TONGNING

19 janvier 2016

samedi 23 juillet 2016

Benjamin GUIFO : Éloge à un Frère disparu

Hier soir, le vingt-deux juillet de cette année de l’an deux mil seize, j’apprenais sur ma page Facebook la mort à l’hôpital Laquintinie à Douala, de mon ami et frère Benjamin Guifo par un message d’ ‎Erick Jiongo‎ du Réveil Bamiléké ainsi délivré :
« Notre forum est en deuil. Notre membre Benjamen Guifo nous a quitté ce matin de suite d'un AVC ». Pionnier de ce forum il était un intellectuel au vrai sens du terme. Faisait des contributions sur les sujets de droit de l'homme, de développement et de coaching qui étaient d'ailleurs ses passions. Nous perdons là un bon membre, et ce jour est noir pour les Bamilékés. »
Je ne pus oublier l’échange que j’ai eu avec lui ces derniers jours. Il me parlait de sa santé ; de ses projets et il s’intéressa au voyage que j’envisageais de faire au Cameroun.  Je doutais quand même de l’information et avant d’aller me coucher, je demandais à un de nos amis communs de vérifier sur place l’information pour moi. Au réveil, je ne trouve sur le net que des messages tristes. Maintenant je sais : Benjamin Guifo a disparu.
Nous nous sommes rencontrés par l’écriture et avons collaboré. Nous nous sommes trouvés frères et il me donnait toujours du « Grand Frère » et moi je trouvais en lui un « très cher ». Si à cet instant mes larmes mouillent mon clavier pendant que je rédige ce mot, je dois penser à sa famille, à sa compagne et à ses enfants et leur dire ma compassion ; je dois penser à ceux qui l’aiment et aussi à ses contestateurs qui perdent un grand contradicteur. Je dois penser au Pays Bamiléké et au Cameroun qui perdent un enfant qui leur voulait du bien.
Je n’ai pas des mots pour dire qui était Benjamin Guifo mais, je dois revenir à la préface qu’à sa demande amicale, j’écrivis pour son œuvre « Mots pour Maux » publiée aux éditions Edilivre:

Préface Mots pour Maux

Je connaissais Benjamen GUIFO depuis peu. C’est lui qui m’a trouvé. Il m’a parlé de lui, puis, de son ouvre avec beaucoup d’humilité et a bien voulu me la faire lire. Moi, j’aime les poètes et la poésie. Les poètes d’abord parce que, pour eux, du moins pour certains, la poésie permet de voir au-delà du réalisme. Il en est ainsi parce qu’elle est un art dont la mission est de réveiller la conscience, le peuple, de les sortir de la torpeur où peuvent les maintenir le mensonge, la propagande, la peur, la compromission, la facilité, la lâcheté et même l’art officiel. Le poète a alors, cette fonction de les réveiller, et la poésie, en cela, est son arme. La poésie ensuite, et justement parce qu’elle interpelle, éduque, et éveille les consciences ou le peuple. Alors, je l’aime pour cela puisque c’est sa fonction. Elle peut l’exercer. Je devrais dire qu’elle doit l’exercer, parce que c’est sa mission. Elle a parfaitement le devoir de se saisir du rôle politique, social et moral en raison aussi, de sa fonction éthique. Elle le peut car elle est capable de susciter l’engagement du lecteur si elle parvient à le toucher.  Alors, je comprends que le thème de l’amour sert de point d’attaque dans l’œuvre de Benjamen GUIFO. Comme le poète voit plus loin que la simple réalité, comprend mieux les misères amoureuses des citoyens et les frustrations des peuples, il s’érige, lui le poète, comme le pensait Hugo, en guide, voire en porte-parole des opprimés. Je le dis parce qu’il n’y a pas que des opprimés politiques ou raciaux. Des opprimés en amour sont légion dans nos sociétés. Alors, le rôle du poète dans les combats est tenu en haute estime, et le poète, regardé en prophète, acquiert une fonction éthique. Face aux tragédies que sont toutes les guerres (mêmes amoureuses), la poésie traduit les émotions et les interrogations du poète. Elle obéit alors à la mission que lui assigne celui-ci et, par le dépassement du drame individuel, elle peut crier, accuser et espérer. Par ce livre, le poète Benjamin GUIFO est parmi nous. Il est dans le monde. Son recueil de poème m’a séduit. Ce livre est d’abord un titre singulier par sa pensée, inquisiteur lorsqu’il pointe l’inacceptable, investigateur lorsqu’il annonce l’heure des comptes. Ensuite, par son contenu, c’est un trésor des mots d’amour, pour des maux de la vie. Voilà une manière toute trouvée pour rappeler à chacun que l’amour n’est ce qu’il est, que parce qu’il peut, en s’élevant plus haut, révéler les souffrances et faire de l’action amoureuse, la dénonciation des maux qui rongent la femme, l’homme et la société. L’amour dans ce recueil nourrit l’inspiration de Benjamen GUIFO. Il apparaît beau et désirable sous sa poésie. Ce recueil comme une anthologie se donne en un langage qui, sous plusieurs univers (poèmes), résume en un seul tenant, le rêve du poète, une vision…

C’est ainsi que je trouvais Benjamin Guifo et ma pensée n’a pas changée.

Daniel TONGNING
23 juillet 2016